55- Try to remember when life was so tender
55- Try… to remember… when life… was so tender…
Bon je vous préviens tout de suite, aujourd’hui c’est très bordelique. 
Un truc vu récemment : Une General Lee ! En Angleterre quoi ! le truc de malade !

J’ai trouvé pourquoi j’étais dans la merde de thunes : je paye des taxes (58£ par mois depuis deux mois), alors que je suis pas sensé, c’est pour quoi je vais aller voir l’intendante de l’école, je vais arriver dans le bureau, je gicle la s’crétaire, j’uis fait une tête ça com et j’uis dit : « j’irais en taule, ni pour vous, ni pour qui que ce soit d’autre ! ».

Sinon, cette grosse conne de Rachael, year 13, 18ans je vous le rappelle, alors que j’étais sensé être en cours avec une autre élève, m’a demandé de l’aider avec sa « présentation ». Donc elle faisait ça au sujet du livre « Un sac de billes », lié avec les camps de concentration et tout le bordel. Cette idiote (oui oui, idiote) a trouvé le moyen de me dire que les conditions des enfants juifs étaient très mauvaises dans les années 70. En effet le livre a été écrit en 1973, ce qui signifie que le seconde guerre mondiale s’est passée dans les années 70. Pauvre tâche. Après, inquiet, je demande à des 1ères les dates de la guerre, une donne les bonnes dates mais n’est pas sûre, l’autre me dit qu’elle s’en fout. Je veux rentrer à la maaaaaisooooon !


Alors pendant que je me rappelle, j’ai eu une impression de déjà vu flagrante. Enfin je dis impression de déjà vu parce que c’est comme ça que vous autres vous appelez ça. Mais moi je suis sûr que je l’ai déjà vu, et c’est pas une impression, doit y avoir un problème dans la matrice, le vinyle saute je sais pas. Bref c’était Dave, au Willowbank, qui prenait sa pause le temps de fumer une clope et qui parlait de l’ambiance de malade de la finale de la coupe de foot de chais pas quoi (Liverpool a gagné, il paraît que c’était la folie, moi je faisais de la guitare dans ma chambre…) et il disait que pour le penalty (coup décisif, le match était serré comme un slip neuf) deux bu se sont arrêtés pour venir regarder la télé dans le pub. Bon, pas les bus nan (des fois je me demande si vous le faites pas exprès…) mais les chauffeurs et les gens qu’il y a dedans (nan pas dans les chauffeurs ! cons !). Et bref quand il a dit ça, ça m’a pas du tout étonné, alors que ça aurait dû. Et j’avais cette image devant moi, que j’avais déjà eu dans la tête avant : Dave qui dit ça, lui a gauche, ensuite Derrick, Joe, tous debout (je me demande si on met un « s », d’ailleurs ça s’accorde comment ça ? les filles disent pas « je suis deboute » ?qu’est-ce que c’est con le français quand on y pense).

Sinon en parlant de Matrix (si si, suivez) y a cette gamine à l’école, 14/15 ans au bas mot, elle s’arrête de parler et me regarde quand je passe, tous les jours. Mais c’est pas une de mes élèves. Et après elle baisse la tête, gênée. Oui et bon le truc c’est qu’elle ressemble à Mr Smith, elle a les mêmes yeux bizarres et qui font peur. Pour ceux qu’ont pas vu c’est le mec qui faisait « Priscilla, folles du désert », ou encore le papa elfe dans le « Seigneur des anneaux », ceux qui ne voient toujours pas devraient peut-être regarder la télé.

Bon je vous laisse, j’ai été appelé pour un barbecue- football, mais bordel il est 15h45, tarrés d’anglais. Bref j’y vais mais en rentrant je vous raconte ma soirée d’hier et à quel point j’étais bourré.

Bon c’était chiant. Il a plu, on a fait un peu de foot jusqu’à ce que je foute ce connard de ballon chez le voisin. Donc j’ai escaladé comme j’ai pu ce grillage de merde, puis bon, le barbecue mon cul en fait, j’avais pas faim et ça avait pas l’air terrible. Allistair, le mec chez qui j’étais, et qui est un pote des deux Tom et de Guy, a une baraque énorme avec une déco pourrie, genre des tableaux pourris sans cadre des années 70. En fait sa baraque m’a fait penser à celles qu’il y a dans les films érotiques des années 70. Lui s’habille comme un cul avec une veste en Tweed, qui lui donne un côté instituteur. D’ailleurs c’est marrant il ressemble vachement à mon oncle Bruno qui est instit’, et plus beau (y a pas de mal). 
Tiens si j’avais un gosse je pourrais l’appeler Bruno, pour le faire chier. Ou alors l’appeler Denis-et-Mireille, pour ruiner sa vie et le forcer à se suicider avant ses 18 ans.

Bon j’ai les bras qui me brûlent à cause de ces orties de merde, et je pue des pieds, ce qui m’agace, puisque ça vient des chaussures et que j’ai rien pour empêcher ça.

Donc, ma soirée.
Alors je suis allé au Willowbank, j’ai pris quelques verres en compagnie des Tom, de Guy, Joe (qui était rentré bourré parce qu’il avait passé sa journée au pub pour regarder un match qui dure 90 min avec le père de Catherine). Tiens ça me fait penser que j’ai revu Clare, la sœur de Catherine, qui est chouquasse, et super timide. Ouais y avait Steven aussi, le mec que tout le monde croit qu’il danse mais en fait c’est juste qu’il tremble parce qu’il a des problèmes plus ou moins mentaux, en fait j’ai pas trop compris, je crois qu’il a une forme d’autisme, mais pas aussi poussé que ce que j’ai déjà eu l’occasion de voir. D’ailleurs je me demande s’il est pas un peu pédé en même temps parce qu’il arrêtait pas de me regarder dans les yeux, même quand il parlait à quelqu’un d’autre, me demandant dès que je revenais de quelque part si ça allait… bah ouais Steven, j’étais juste parti pisser. Ensuite on va tous en ville, au « Fly on the Loaf » ou un truc comme ça, c’était la première fois que j’y allais. Le vigile nous a arrêté à l’entrée pour nous demander nos ID (cartes d’identité), en fait c’était surtout pour les deux Tom, moi je me suis marré et j’ai dit « paaaas moiiiiii » (genre sur le ton d’un « nananère « ), et le vigile a dit « nan pas toi », ou « nan pas vous », bah tu peux pas savoir avec ces cons d’anglais.

On a donc bu un coup là-bas, ensuite on a mis trois plombes à se mettre d’accord sur l’endroit d’après, tout le monde s’en foutait mais personne n’aimait les mêmes bars, alors à un moment j’ai distribué du « ta gueule » du « vous faites chier » et même du « bon bah on va là ! », le tout, assaisonné de « fuck ». Ouah il est 19h ! déjà, j’aurai rien fait de constructif aujourd’hui… mais c’est pour ça que le dimanche est fait.

Tiens c’est marrant (oui je sais je coupe mais c’est parce que je suis en train d’y penser) mais comme les gens parlent en anglais ici (jusque là rien de surprenant) mais je remarque pas que les gens soient particulièrement beaufs, nan parce qu’avec les accents des fois… Par exemple j’entendais Kelly, qui a un accent super fort, beaucoup plus que sa sœur Viola. Bref.

Donc ensuite on est allé au « le bateau », 4,5 £ pour entrer, bande d’enculés va, bière à 1,5 £ au début, mais on a tout fini, après c’était 2 £ et après ça (c’est moi qu’ai eu la dernière)c’était 2,50 £ et je sais pas vraiment pourquoi je dis ça.
Alors dans les chiottes j’ai rencontré un français, Florian, on a commencé a papoter, enfin en dehors des chiottes, très sympa. Il m’a dit « ouais moi je fais des études de Génie mécanique, ah nan va pas croire que je suis un intello ! » j’ai dit « nan nan t’inquiètes » par réflexe en fait, mais si on avait fait gaffe ça aurait pu paraître un peu rude. Avec mes potes on parle avec des nanas qui finissent carrément par me tourner le dos parce qu’elles aiment pas les français, comme je m’en foutais je suis allé me chercher à boire. Puis à un moment Tom (celui de d’habitude, car l’autre ne voulait pas venir « dans ce bar de merde ») et Joe sont allés se plaindre auprès du DJ, qui selon eux, passait de la musique de merde. Les autres parlaient avec d’autres nanas anti-français aussi. Il a fallu que je montre ma carte d’identité plus d’une fois pour prouver ma nationalité, bref des connes. Moi je me suis mis à parler, je sais même plus pourquoi, à une nana. Peut-être parce qu’elle était toute seule. Elle s’avérait être une actrice de théâtre de 36 ans, mais en paraissait 10 de moins. On a parlé de pas mal de trucs dont je ne me souviens pas. Puis la cohue de la fermeture m’a fait la perdre. Tom s’est engueulé avec un videur (bouncer) qui comme en France, sont très cons, et il a fini par lui dire « don’t call me Tom ! » ce qui est ma nouvelle phrase puisque je trouve ça hilarant (Clinton, niarf niarf). Genre comment tu veux qu’on t’appelle d’autre ?
Du coup je suis rentré brecouille, un peu complètement bourré, je me suis réveillé à côté d’une assiète de potatoes et onion rings pleins de ketchup, j’ai dormi avec plein de trucs sur mon lit mais je viens juste de le remarquer (un cintre et une boite de manette de jeux, un pyjama et un maillot de bain entre autre). Encore une soirée pas passionnante et bien arrosée. Puis ce matin je me suis dit, mais qu’est-ce qu’on en a à foutre que je baise ou pas ? nan mais c’est vrai, ça me manque pas tant que ça, et puis si c’est juste pour le crier sur les toits, histoire de dire que j’ai couché avec quelqu’un, ça me fait penser au lycée, bordel ! En plus bon vous me connaissez, vous m’avez déjà vu avec une nana (pas faire l’amour avec nan, à moins que… était-ce bien réel ?), vous êtes peut-être même l’une d’entre elles. Bref j’ai rien à prouvé, et plus encore, je vois pas l’intérêt de coucher avec quelqu’un pour une nuit, moi ce que je veux c’est une copine avec qui passer du temps. Je veux faire l’amour avec quelqu’un que j’apprécie, pas la première salope venue. Sauf que du temps ici j’en ai plus, « our time is running out » comme le chantent si bien Muse (pas ma préférée, mais tout de même une certaine montée en puissance pas dégueulasse au niveau de la gratte). Tiens je vais pisser ça va m’empêcher de raconter des conneries.
J’ai été réveillé par le portable de Joe dans la pièce d’à côté (c’est très mal insonorisé, j’entends même des trucs venant des maisons à côté) qu’il ne prend jamais avec lui, donc en gros ça sert à rien, je suis sûr qu’il s’appelle lui-même juste pour me faire chier.
Y a de ça un mois ou deux, quand j’ai nettoyer mon étagère dans la salle de bain, j’ai fait une bite avec deux pommes de pain et cailloux qui se trouvaient là, et ça me fait toujours marrer quand je la vois. Il est temps que je la re-nettoie, pour la dernière fois.
Tiens en fait quand j’y pense, hier, Guy était pas là puisqu’il bossait. Voilà je raconte que des conneries, je suis un gros bourreur (expression que j’affectionne particulièrement).
J’ai essayé de regarder « Macbeth » mais j’ai pas réussi à tenir jusqu’à la fin tellement c’était merdique. Une pièce de théâtre filmée plus qu’un vrai film, 1976, pas de décor, des acteurs qui jouent comme des culs, un réalisateur aveugle, des effets spéciaux digne de Nicolas, 8 ans, toujours en CP doublé d’anachronismes pseudo-psychédéliques. Bref, je n’ai rien a dire sur ce film, c’est une merde. Je lirais la pièce, je me ferai mon propre décor et on en parlera plus.

Bon sinon le chat d’Allister a chassé un pigeon, et c’était plutôt gore si vous voyez ce que je veux dire. Moui c’est un peu trop facile, je vais donc décrire la scène. Une boucherie, voilà ce que c’était, le pigeon a un moment, on croyait qu’il avait plus de tête, mais à un moment Alli l’a shooté avec le ballon de foot « sans faire exprès » (mon cul oui t’es un monstre voilà tout), et on a pu revoir la tête. C’était écoeurant, le pigeon était carrément ouvert, mais vivait toujours, son instinct de survie, lui donnait encore assez d’énergie pour essayer d’échapper aux coups du chat. Et le pigeon marchait, très lentement, soulevant sa tête à chaque inspiration car sa gorge était en fait ouverte. Il marchait comme un automate. Mais un automate bourré. Il tombait, se relevait, il pouvait plus voler, c’est à peine s’il avait encore des plumes. On voulait l’achever, mais on savait pas comment. Et le mettre à l’écart n’aurait servi à rien, puisque c’était un jeu pour le chat, il l’aurait cherché jusqu’à l’achever. Enfoiré de chat va. C’est exactement comme ces gros cons de chasseurs, si tu tues un animal, c’est pour le bouffer, pas pour te marrer. Ca y est je suis énervé… And don’t call me Tom !