12. Une journée comme une autre
12. Une journée comme une autre
Alors voilà, Guilliôme m’a envoyé un mail me disant que c’est bien beau tout ça (parlant de mes récits de divers bitures), mais que cela manquait un peu de précisions sur ma formation et tout ce qui s'en suit. Je me suis donc dit que cela pouvait tous vous intéresser, ce qui tombe bien puisque je n’ai en ce moment ni imagination, ni temps à consacrer à l’écriture.
Merci donc à Guillaume qui m’a tendu une longue perche, tout à l’image de sa… quoi que non finalement, le terme « perche » serait réducteur.
Voyez-vous je rentre tout juste de cours (bon ok entre temps on est allé au SUAPS s’inscrire au squash, sauf moi j’avais pas de photo, puis j’ai ramené des gens en ville, bref !) et c’est bien la première fois de la semaine que je ne travaille pas directement en rentrant. Demain c’est vendredi et je n’ai pas cours. Or, comme à chaque fois que je n’ai pas cours je vais travailler. Cette fois-ci c’est pour mon (notre) projet tutoré en groupe, et ça risque de me prendre tout l’après-midi. Je me permets donc ce soir une gentille petite mine, mais là je suis à deux doigts de tomber de fatigue.
Et comme je le disais à Guillaume, pour une fois dans mon parcours, je trouve les cours intéressants, je sens que ça va me servir, je suis overbooké de boulot à me demander quand est-ce que je vais enfin pouvoir souffler, mais j’aime ça. Par exemple aujourd’hui j’avais deux présentations orales, dont un exposé. Ayant bossé dessus depuis déjà pas mal de temps, je connaissais le sujet, et même crevés nous avons assuré. C’est peut-être la fatigue qui fait que je ne suis plus du tout stressé de parler devant une classe. C’est peut-être aussi le fait d’avoir donné des cours dans une autre langue à des mioches. Bref, les profs étaient contents, et moi aussi.
L’ambiance avec mes collègues est toujours aussi bonne, j’ai encore tué personne, chose étrange, et personne n’a encore essayé de le faire, chose encore plus étrange. On sort pas mal, mais ça ne nous empêche pas de bosser. Je suis devenu sérieux. J’ai même pas couché avec la moitié de la classe ! Enfin avec personne je veux dire, c’est fou nan !
Alors voilà ça c’est le jour, c’est bien.
Et malheureusement il y a la nuit.
J’ai beau être exténué, fatigue de la veille, travail intensif, cuites et cerveau en ébullition obligent ; je ne dors pas.
Dès que la lumière est éteinte je me retrouve seul avec moi-même. Je me mets à penser, chose que je n’ai pas le temps de faire durant la journée. Je pense à un peu tout et rien, je me pose déjà nettement moins de questions sur mon avenir professionnel qu’auparavant. Je pense à des gens, à moi, je me demande qui je suis et pourquoi je fais tel truc, je me demande si un jour je vais trouver quelqu’un avec qui ça se passera super bien, et toutes les conneries du genre. Parfois j’aimerai que la nuit mon esprit se transforme en oiseau et s’envole de mon corps… et qu’un chasseur se ramène et tire un bon coup dans la gueule de cet esprit de merde, putain mais on peut pas dormir tranquille ?!
Donc j’insiste pas je rallume la lumière et dévore un bouquin, jusqu’à ce que je ne puisse vraiment plus lutter. Là, les questions reviennent mais pour peu de temps. Avant de dormir, je parcours 30 fois mon lit pour trouver la bonne position, la bonne température. Je finis par m’endormir. Je me réveille plusieurs fois dans la nuit, soit parce que j’ai fait un mauvais rêve (dans lequel je me marie, meurs ou autre), soit parce que je suis en sueur, soit parce qu’il n’y a aucune explication mise à part que je dors vraiment très mal.
Je me réveille difficilement, bien souvent dans une mare de sueur et de stress, ayant bougé dans tous les coins de mon lit durant la nuit pour y trouver le dernier endroit sec, la tête pleine d’idées confuses. Je vais directement prendre ma douche, dans laquelle je me mets à penser autant que quand je me couche mais plus au sujet de mon boulot. Je prends un rapide petit déj, si j’ai encore le temps, et affronte un temps maussade derrière mes essuie-glaces et mon par-brise embué, ou chevauche mon destrier Décathlon qui n’avance qu’à la force de mes jambes et, avouons-le, de ma bonne volonté.
J’arrive devant ma fac, attache mon vélo, rejoints mes potes, monte en cours, suis les cours, mange, retourne en cours, finis les cours, continue à travailler dans la salle, regarde mes mails, y réponds, et parfois, en répondant à un mail, ça me donne une idée de billet pour ce blog, billet que j’écris, complètement mort, en rentrant chez moi car pour une fois je n’ai pas de boulot, mais après moult discutions je me rends compte que si et vais passer mon week end à travailler, et je me dis que c’est une journée comme une autre.