57- Parfum d’ennui

Publié le par Djouls

57- Parfum d’ennui

 

Hier, dans un moment de pure folie, j’ai mangé un kebab que je regrette déjà.

 

 

En bref, j’ai fait du foot sous la pluie dans un parc vendredi, c’était pourri mais j’ai joué comme un dieu, spécialement mon dernier but, celui de la victoire, qui m’a encore rappelé Matrix, si j’avais le courage je ferais un dessin pour Grenouillette.

 

Vendredi je suis allé à l’école pour dire au revoir aux terminales mais suis arrivé trop tard et les ai ratées, j’ai quand même signé quelques almanachs de secondes. Les terminales avaient laissé des cartes pour moi, juste Clare et Jess, et c’était super sympas. Elle m’ont aussi offert une boule anti-stress et un punching ball de bureau, comme quoi elles commençaient à vraiment me connaître.

 

 

Sinon sur les photos tu peux admirer la coupure de Guy qui ne sait toujours pas se raser, la nouvelle coupe de Tom, entre Mireille Mathieu et un casque de playmobile, voire Jeanne d’Arc, Viola qui me fait penser à une poupée de cire, et Luke, qui a une grosse voix à la Barry White, et qui est vraiment super sympa.

 

 

 

 

 

 

Bon je te raconte vite fait ce que j’ai fait hier soir. Donc hier samedi soir, on était sensé fêter l’anniversaire de Joe, celui de Viola aussi, et mon départ. Résultat, Viola avait prévu autre chose (ce qui n’est pas bien grave, tu vas comprendre pourquoi après), Joe et Catherine étaient crevés, en plus il fallait certainement qu’ils soient en forme pour aller à la messe ce matin. Du coup on s’est retrouvé avec Guy et Tom à aller en ville, où Luke, pote très sympa de Guy, nous a rejoint. On a commencé au La’go où la musique était pourrie, les gens trop nombreux, en plus d’être trop cons. Juste avant qu’on parte, Viola et sa sœur arrivent avec des amis. Nous, on part quand même après avoir échangé quelques phrases dont tout le monde peut se passer. On décide (enfin, pas moi) d’aller au Bumper (où j’étais déjà aller une ou deux fois, et pas plus pour des raisons qui s’imaginent). Là, je commande des verres, et pour une livre de plus j’avais le droit à un shooter de Tequila (y avait pas que ça mais autrement c’était à l’anis) avec Tom on décide d’essayer respectivement Bière-tequila, et moi Guiness-tequila. Grave erreur, c’était imbuvable. Tom m’a commandé une autre Guiness, alors que je voulais un coca light, car ça m’avait complètement coupé l’envie de boire, en plus j’avais pas particulièrement soif.

Dans ce pseudo gros bar club, il y avait plein de filles. Et Guy, alors que nous voulions tous partir sauf lui, a voulu continuer à importuner cette beauté de la nature, tu vois genre une fille qui était en fait une jeune femme, petite, incroyablement belle, avec un sourire timide, mais je ne m’étendrais pas sur les détails. Bref il avait l’air d’un crapaud et elle d’une princesse. Et bien qu’il ait arrêté de boire depuis un peu plus de trois mois maintenant, sous prétexte de vouloir vivre plus longtemps, il nous a quand même soulés : il voulait rester. Il a fini par nous suivre, dépité, alors qu’on lui a dit qu’il pouvait rester, et quand on commandait notre kebab à la porte d’à côté il nous a dit qu’il y retournait. Il était 3h20, Tom et moi on en avait marre, on avait faim, on était crevé, on en avait marre d’avoir passé la soirée à écouter de la merde dans des endroits bondés de connards, alors on est rentré.

J’oubliais, on a revu, complètement par hasard, car on était pas sensé aller là au départ, Viola et sa sœur. En fait c’est Laura, une de leurs copines qui m’a reconnu et m’a fait coucou. Elle m’avait était présentée rapidement dans le bar d’avant, grande, blonde, très sympa à première vue, mais le genre de nana qui me parlerait certainement pas si j’étais pas le pote d’untel.

Ce matin j’ai donc été réveillé par Joe et Catherine qui devaient aller chanter pour le petit Jésus, puis Guy m’a appelé, genre comme si c’est moi qui l’appelais et le réveillais, bref il avait la tête complètement dans le cul. Il m’appelait pour me proposer un golf. J’ai tiré mon rideau, ai constaté la pluie qui tombait pas qu’un peu, et lui ai alors demandé en anglais plus ou moins s’il était con ou s’il se forçait. Ca m’a foutu de mauvaise humeur, je pouvais plus dormir, j’ai fini mon livre.

 

Mon livre.

 

Mon livre c’est « les âmes grises », de Philippe Claudel, c’est Barbara qui me l’a offert pour mon anniversaire.

 

Comme on peut s’en douter avec le titre c’est pas forcément joyeux. J’ai adoré. Tiens chais pas si t’as remarqué mais généralement les bouquins, enfin ceux que je lis, se finissent plutôt mal tandis que les films sont de plus en plus avec des happy endings de merde. Un exemple encore plus flagrant, Marc Lévi, « Et si c’était vrai »  se termine mal, plus ou moins, alors que l’adaptation cinématographique (un navet, soit dit au passage) « Just like heaven » (vas-t’en trouver le rapport…) se termine bien.

 

Bref, les âmes grises, ça m’a plu. C’est pas si sombre que ça en fait, c’est vrai, c’est gris. Ca raconte l’ennui, mais sans pour autant être ennuyeux, le remord, le narrateur raconte sa vie et la regrette. Il décrit tous les personnages d’une ville près d’un champ de bataille de la première guerre mondiale. Puis sa vie, qui est en fait plus une survie occupée par le rien, le vide, l’ennui. Et c’est super captivant, car il y a quand même une intrigue. Mais c’est bizarre ce sentiment. T’as l’impression de lire quelque chose qui est plat. En fait pas du tout, ça parle de platitude avec beaucoup de style, mais c’en est pas. Donc c’est un livre que je conseille.

 

Après ça j’avais pas du tout envie de me lever, j’ai traîné dans mon lit pendant bien deux heures, scrutant le plafond, regardant les oiseaux manger les graines dans les mangeoires prévus à cet effet. J’ai hésité pendant je sais pas combien de temps à me lever et aller à ASDA acheter du lait, finalement je l’ai pas fait, j’ai pas pris de ptit déj. J’ai pensé à pleins de trucs. En regardant les oiseaux, je me suis demandé ce que ça ferait pour un humain d’avoir des ailes, je me suis dit que si on avait plus de mains ça serait pas pratique, obligé de tout faire avec la bouche ou le nez. Mais on pourrait voler. Et je me suis dit que dès qu’un truc y avait forcément un connard avec un fusil pour l’en empêcher, au nom du sport. Après je me suis demandé ce que c’était vraiment la liberté, en repensant à la pub Renault qui dit « Et si le vrai luxe, c’était l’espace », ce qui n’a pas grand rapport. Après je me suis dit que le luxe était l’espace mais que dans les pays riches, parce qu’en Afrique, la place c’est pas ça qui manque.

 

Ensuite je me suis une fois de plus demandé le sens de la vie, tu sais, pourquoi l’homme est sur terre, et la réponse m’est toujours donnée par cette chanson des Innocents qui disent qu’on vient à la vie, sur terre, « juste pour y répandre un peu d’amour et quelques cendres ». Après je me suis demandé si j’aimais la vie, et j’ai trouvé que je ne la détestais pas mais que je pourrais très bien m’en passer. Après je me suis dit que les gens qui ne broyaient jamais du noir m’agaçaient, tu sais, ceux qui sourient toujours, qui voient du beau partout, qui essaient de sauver les suicidaires car selon eux la vie est belle. Moi, si quelqu’un veut se suicider je vais pas l’en empêcher, on choisit pas de naître, on a bien le droit de choisir de mourir. Certaines personnes sont juste pas faites pour la vie, je pense. C’est comme Catherine, elle, elle est  comme une gosse, trouve la vie merveilleuse. Elle l’a trouve merveilleuse car elle n’en connaît qu’un côté, le côté ensoleillé. Comment tu peux apprécier les bons côtés de la vie si t’as jamais connu les mauvais ? Moi j’apprécie le soleil parce que je connais la pluie. Elle, elle regarde que des dessins animés, pas de trucs tristes, sinon elle se cache les yeux. Elle évite ce qui est moche à tout prix, on dirait qu’elle a été dans une école, plus jeune, où on ne lui a pas dit que les camps de concentration avaient existé. Je suis pas si pessimiste, j’ai déjà connu de très belles choses, qui étaient encore plus belles parce que j’en avais vu des moches, et beaucoup.

 

Ensuite je me suis demandé ce qu’était la beauté, pour moi. Je me suis surtout demandé si le beau pouvait être infini, pas en espace mais en temps. Parce que beaucoup de choses, si on considère, sont éphémères. L’Homme, par exemple, l’art. Cependant je pense que l’amour est beau, et qu’il peut être infini, un coucher de soleil aussi c’est beau, les étoiles. Par contre quelqu’un, et là je pense évidemment à une Femme, mais si t’es une femme tu peux penser à un homme, bref, la beauté, celle du corps j’entends, est très éphémère. C’est, évidemment, si on se base sur des critères généraux et bien connus, oui, des stéréotypes. Parce que dans mon livre (oui je me l’approprie, c’est parce que c’est encore frais) le narrateur parle de la beauté éternelle de sa femme qui est morte jeune, et dont le corps n’a pas subit les traces des années. C’est en fait son image qui est restée belle, puisque il ne lui en connaît d’autre, car au moment où il parle, cela fait longtemps que sa belle femme qu’il aime tant n’a plus d’yeux ni de chair.

 

En fait de penser à tout ça m’a encore ramené à ma phobie : vieillir. Je veux pas devenir vieux moi, et si j’osais reprendre les paroles de Balavoine, je dirais « j’veux mourir jeune, pour ne rien regretter », et aussi pour pas voir les autres vieillir, parce que la vieillesse des autres m’effraie encore plus. C’est vrai, je me disais, si y avaient que des gens de mon age, et qu’on vieillissait tous en même temps, ça serait moins pire, quoi qu’on se demanderait ce qui se passe à l’apparition des premières rides. Mais nan, c’est pas comme ça que ça se passe, dans le monde normal on voit les gens partir, mourir et être remplacés par d’autres, comme une usine, comme un cycle, un cycle vicieux j’ai envie de dire.

 

Après je me suis dit, sans transition, que ça valait pas le coup de vivre si on aimait pas, puisque c’était en fait le seul intérêt. Et je me suis demandé si je serais encore capable d’aimer, c’est vrai c’est pas facile. Peut-être plus (facile) maintenant que je suis plus habitué. C’est plus facile à exprimer en anglais « plus » et « plus », en Français, c’est uniquement selon la prononciation qu’on comprend le sens. Bref, d’un autre côté, j’ai l’impression d’être complètement fermé maintenant, même si je déconne avec mes pseudo coups de foudre dès qu’une nana est pourvue d’yeux qui vont par deux.

 

Tiens j’y repense, j’ai rêvé que j’étais avec une jeune femme. Pas une fille, nan nan, c’est pour ça que j’ai dit « jeune-femme ». Elle devait avoir 26 ans. En fait je sais pas pourquoi mais je suis sûr que c’était son âge. On était sur un lit immense, à moins que ce n’eut été la pièce elle-même, tout était blanc. D’autre personnes se trouvaient là, d’autre filles. Elles étaient toutes plus ou moins adossées au mur, ça faisait un peu genre ambiance orgiesque, mais pas le côté sombre la chose. Là tout était pur et personne ne se touchait, les filles étaient toutes belles, nues, mais on ne voyait pas vraiment leur nudité, tout était sous-entendu, et non montré, comme Requiem for a Dream tiens. J’étais attiré par une jeune femme en particulier, juste elle. Je ne voyais pas vraiment les autres qui se moquaient de moi. Je m’en foutais, je n’avais d’oreilles et d’yeux que pour celle qui m’attirait et qui se moquait aussi de moi. C’est comme si j’avais été ivre, ou drogué, mais très calme, avec un seul objectif. Elle était noire, noire pale en fait, une peau à la Beyonce ou Maria Carey (Mimi quoi), et avait ces lèvres charnues, recouvertes de paillettes rouges, mais ça ne collait pas, on ne le sentait pas du tout (j’ai horreur du gloss, ou du rouge à lèvres en général, ça colle). Elle avait des beaux yeux clairs, avec des longs cils. Elle se tenait un peu comme une déesse, enfin l’idée que l’on s’en fait, un peu comme Cléopâtre. En fait elles se tenaient toutes comme ça, légères, comme sur du coton, ça se trouve on était sur un nuage. Je me souviens que tout n’était que douceur. Sa peau était douce, tiède et fraîche à la fois, ce qui est assez surprenant quand on y pense. Ses lèvres étaient aussi douces et tendres que ses baisers. Je l’ai prise dans mes bras, j’étais un peu plus bas qu’elle, j’ai allongé le haut de mon corps sur elle, je me sentais incroyablement et indéfinissablement apaisé, nageant dans le bien-être, j’ai commencé à m’endormir. Et c’est à ce moment que je me suis réveillé.

 

Peut-être est-ce pour cela que j’étais de mauvais poils, être sorti d’un rêve aussi doux pour refaire partie d’un monde de violence, de bruit, ah j’ai horreur du bruit, celui qui agace, répétitif, celui qui peut rendre fou.

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Publié dans cupoftea

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L
time goes by so slowly...
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D
J'ai toujours cru que c'était "time goes back...", comme quoi, pas complètement bilingue le mec...
D
ben moi j'ai 35 ans ( donc je suis une méga vieille avec des rides ET du gras ET des fesses d'huîtres ET 4 cheveux blancs ) et j'ai peur d'être encore plus vieille et plus moche et surtout plus conne ( euh... ça c'est déjà fait ), j'ai peur de la maladie, de la sénilité et de la souffrance, rien de bien original...tu n'es donc pas le seul à t'angoisser Djouls !<br /> ( Je pense que j'ai mal lu: tu aimes les livres de Marc Lévy ? pour de vrai ? Nonn, ça doit être une blague !)
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D
La Dame elle me fait peuuuur !<br /> Je sais bien que je suis pas le seul a m'angoisser, et comme le dit la chanson (allez Charles tous en choeur,) "on va tous crever, on va tous crever, y a la fin du monde qui nous guette et on passe not' temps a faire la fete !"<br /> Oui Marc Levy fait facilement passer le temps, lors des longs hivers anglais... ouh bordel il faut que je rentre !
A
Hey ! Guy a été pris en flage de décrottage de nez !! pour une fois qu'il le fait, il aurait du s'abstenir de le faire en public, mais bon !<br /> Autrement, je rejoins la populasse : la coupe de Tom : à chier !<br /> Allez la fin approche COURAGE<br /> Bisou
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D
Ah y a pas de doute toi t'es bien ma soeur !<br /> Oui pour une fois que Guy se decrotte le nez, mais merde y a des mouchoirs pour ca, l'autre fois il s'est enerve parce que j'arrete pas de lui dire qu'il a des Mickeys, mais cette fois il s'etait essuye sur son fut, c'etait trop.<br /> Pour ce qui est de Tom, je lui dirais, enfin lui re-dirais.<br /> Sinon j'ai cru comprendre que tu allais voir les parents ce week end, c'est bien... voila c'est tout.
C
ba ba ba bababerain bababAAAAAA bababerAAAAIIINN (ca m'étonne d'ailleurs que ton pere ait pas fait sur son blog "imitateur officiel de" beach boys)
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D
arrete la coke aussi.
C
Barbara ta citation de Balavoine me fait penser a une autre citation celle d' Arountazief qui disait au pied du vésuve "aïe aïe aïe putain C'est chaud j'suis con j'aurais du prendre mes gants"(j'espere que j'ai pas revelé ton identité en disant barbara a la place de bab toute facon tu devrais changer de prénom comme  t'as changé de coupe de keuveux je propose au choix : Lucien, Jean-jacques (on pourra t'appeler jean-jean comme ca), Martin, ou encore Jean-bite)PS : bab a chaque fois dans ta vie que tu te retourneras tu me verras avec un tube de gel ou de laque je serais toi je ne dormirais plus et je me barricaderais chez toi.
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D
t'as des manies manies manies man, arrete l'alcool, tu devieng graaaaave !