38- Billet du vendredi soir
38- Pfffff
Ah mes pauvres enfants je suis naz. D’un autre côté c’est pas nouveau. En plus j’ai fait un rêve de meeeeeeerde !(cette nuit… bah oui il m’arrive de rêver évéillé). J’étais en retard au boulot parce que j’avais oublié de me révéiller. Je la trouve conne cette expression… comme si c’était écrit sur un agenda : jeudi 23 Mars à 7h : se réveiller. Du coup je me suis révéillé vers 6h, avec une soif de loup. Paaaaarceque je suiiiis le louuuuuuuuuup.
Anecdote : aujourd’hui (à un moment) j’ai bien ri. En effet, un gamin frappe à la porte du bureau des langues (là où je glande), petit, un peu rondouillard avec une tête simpatoche… ouais, une petite boule de mignonerie quoi… Il demande à Cath s’il peut lui donner l’argent pour le voyage en France et elle répond du tac au toc (oulà… fatigué le julien… « au tac » pardon) « non je t’emmène plus ». Là le gosse hoche la tête, se retourne lentement pour sortir et là et là… et là il chiale le gosse ! nan mais t’y crois toi ? t’es pas choqué ?! Ahah ! un côté de moi avait du mal à retenir un rire, et l’autre partie se disait « merde, pour une blague, c’est vachement cruel quand même, pauv’ p’tit bonhomme, il pouvait pas savoir que Cath était à donf dans le second degrès, le sarcasme quoi… » Bref une fois qu’il est sorti on a bien ri (surtout Paul le prof stagiaire qui s’est mis un cahier devant la bouche pour pas faire voir son grand sourire) même si Cath s’en voulait à mort.
Ca me fait pensé qu’hier au quizz, Chumley était là et ça m’a fait vachement plaisir, parce que ça faisait une paye que je ne l’avais pas vu, surtout au pub…
Sinon ma tisane à la cerise sent le calva, ce qui n’est pas pour me déplaire. Et, sans transition aucune, aujourd’hui j’ai parlé à la prof chouquette qu’à l’air sévère (j’en ai parlé dans un autre billet mais ça sert à rien de faire un lien puisque c’est chiant et personne n’ira…), j’ai commencé avec un repérage des lieux ce matin en m’asseyant à côté d’elle, sur un PC (nan je me suis pas assis sur le PC, vous m’avez très bien compris) dans la salle des profs (ah c’est la classe de dire ça nan ? bah moi je trouve que si). Et donc, ce midi elle faisait des photocopies et m’a souri d’un air gêné parce que c’était long … et là attention le Djouls entre en scène et parle « sœur Anne, ne vois-tu rien venir ? » (qui a changé mon texte bordel, pourtant les didascalies étaient bonnes jusque là…), bref j’ai parlé et j’ai dit : « nan c’est pas grave ». C’était pas grave même si j’étais à la bourre pour mon cours et qu’il fallait que je photocopie juste une page et en un seul exemplaire (3 sec chrono), mais je pouvais en profiter pour regarder son visage de profil en attendant, et ça avait quelque chose de magique, comme les tableaux de George of the Tower… c’est tout, vous devez être aussi déçus que moi non ?
Sinon je me suis dit en prenant ma douche (aucun rapport) que si je devais choisir mon moyen de mourir, ce serait d’amour… et je me suis dit que j’avais pas l’arme nécessaire… alors j’ai opté pour la balle dans la tête.
Merde je deviens anglais j’ai même foutu du lait dans ma tisane (trop acide cette saloperie, rien ne vaut une vieille verveine, comme disait Stalone dans Rocky 4… parcequ’il s’était « embourgeoisé »). Je tiens à dire que la suite pour violoncelle de Bach est énoooooorme !
J’ai subit ma journée plus qu’elle n’a passé. Plus les élèves sont cons, et plus je trouve ça long. Je crois que je suis facilement irritable. Alors déjà ça commence hier quand, en nettoyant ma fourchette, je me l’enfonce de, allez, 5mm on va dire, ce qui me fait pisser le sang… en fait pas tant que ça, c’est pour le style, le sang a séché tout autour de ma bague de pouce. Ce matin : salle des ordinateurs, comme je l’ai mis en commentaire sur le blog bien connu « cupoftea », un gros con de terminale a roté, brisant le seul moment de silence depuis des lustres. Que je vous explique, moi je vais dans la salle des 1ères et terminales parce que je suis un membre du staff donc j’ai tous les droits. Et dans cette salle y a toujours un groupe de gueulards qui se disent cools j’imagine, mais en fait non, c’est des gros cons. Vous les connaissez vous avez eu les mêmes au lycée. Pour nous à Malherbe c’étaient les « théâtre ». Eux c’est pareil, ils se fringuent comme des merdes, ce sont des outsiders de la mode. Alors on a la cantatrice pute qui peut pas s’empêcher de chanter de la merde ou la siffler, le gros informaticien éfféminé, un gay fashion victim roux teint en brun puis blond platine (mais lui il est cool, il ferme sa gueule)… La pouffiasse de campagne. Oui, celle qui veut se la péter un max alors qu’elle ne porte pas de marque (quand t’es jeunes et que t’as pas LA marque, t’es rien). C’est la leadeuse, elle parle de cul mais n’a certainement jamais vu la couleur d’un gland, et quel intérêt de parler de cul quand c’est pas TOUT HAUT. Donc les deux gonzesses ne se parlent pas elles se crient. Et croyez-moi pas, mais d’un naturel patient, j’ai quand même hésité à un moment à leur dire de la fermer. Vous savez quand est-ce que j’ai eu la paix ? Quand ces débiles avaient tous une sucette dans la bouche. Mais bordel c’est ça la solution ! Faut leur donner des tétines ! (pour les filles j'ai ma petite idée)
Bon déjà là j’étais un peu sur les nerfs.
Ennnnnnsuite, cours avec des year 13, terminales, Emma et Rachael. (la première est très mignone, toute petite toute mimi, avec cerveau proportionnel malheureusement, oui oui avant d’être quasiment prof, j’étais presque un homme, d’après les temoignages… mais c’est fini cette époque !). C’est Rachael qui m’a exaspéré. Déjà, au début du cours elle sort un stylo qui ressmblait plus à une baguette avec ruban de danse artistique, ouais acrobatique je m’en tape c’est pas le sujet. Alors là évidemment je suis sur le cul, ma machoire tombe, je lui demande totalement sous le choc quel age elle a et elle rigole. Mais moi ça m’effraie. Bordel, elle a du vivre dans une maison « Barbie » et elle attend son Ken (pour qu’il la…). Elle est fringuée en rose de partout. Mais elle est simpa c’est pas le problème, au contraire elle est très gentille, mais d’un con ! Bon je vais chercher mes questions…
Bien voilà… par exemple : Quelle est votre attitude envers les partis ou les groupes politiques qui encouragent le racisme ?
Bon question trop compliquée, en gros, tu penses quoi des partis politiques qui ont des idées racistes. Après traduction, toujours pas compris. TOI, QUOI PENSER RACISME, POLITIQUE ? (attention il y a un paradoxe dans cette phrase, aide : c’est un verbe). Réponse (et j’aurai pu la dire avant qu’elle ouvre la bouche) : je sais pas. Bien, je vous ai fait, parce que je suis simpa, une feuille pour vous aider à répondre aux questions (=je me suis cassé le cul parce que vous êtes trop connes !) (en fait je leur ai donné au début du cours). Emma glisse alors un « euh, c’est mal ? » timide (nan sans blaaaaaaaaaaague !). Bon, c’est un bon début mais, étant des questions de bac, vous vous doutez que c’est pas assez. Alors voilà ce que j’avais mis sur ma feuille, comme exemple de réponse, pour les aider : les groupes / partis politiques tels que le Front National en France peuvent être dangereux pour l’égalité des chances et la liberté (d’expression, etc…). Je suis contre / je ne comprends pas pourquoi…/ je trouve cela… BREF ! je les aide un peu. Je leur parle du BNP (je leur dis aussi que c’est marrant parce que c’est le nom d’une banque française… ahah). Question de leur part : c’est quoi le BNP ? (honêtement c’est une autre terminale, qui a un cerveau oui, mais qui s’en sert, qui me l’a dit la veille), je leur dit que c’est l’équivalent du FN… c’est quoiiiiiiiiii ? putain ! Je leur explique que lors des dernières présidentielles on a failli être dans une merde pas possible à cause de l’extrême droite (c’est quoiiiiiiii ? argh !) et surtout parce que les gens se sont laissés manipuler, etc, mauvaise organisation de la gauche (bon je sais je résume parcequ’à l’origine la politique c’est pas ma cupoftea). Je leur ai aussi rappelé un peu d’histoire (alors que l’histoire ça ma fait chieeeeeeeeeeeer, mais à un point !) en leur expliquant que c’est comme ça qu’Hitler était, mine de rien arrivé au pouvoir, chancellier, 1933, guerre mondiale, guerre, soldats, morts, priiiii priiiiii (bruit du fusil), et surtout, c’est la où je veux en venir, extermination des juifs (avec une patate chaude dans la bouche, ça se dit « shoa »), bref une horreur quoi ! Ca vous inspire quoi les filles ?
Rachael : ah ! j’aime pas Hitler !
Merci Rachael, je sais maintenant pourquoi j’ai en permanance DEUX capotes sur moi… « plus jamais ça ! » faites des gosses, ok, mais pleaaaaaase, évitez qu’ils soient cons.
Bref, tout ceci m’a un peu découragé, et le pire c’est que comme c’est dur avec ce genre d’élèves, je suis naz, mais surtout j’en demande beaucoup plus aux autres élèves, c’est pas de la bipolarisation puisque je me casse quand même le cul avec mes moins bons, je crois que mon père appelle ça du nivellement par le bàs, une sorte de « désélitisme » (et je m’en tape si ça existe pas). Mais là j’ai peur,j’ai l’impression que… (voix de Nicolas Hulot) je suis mon père… nan zwi zwiiiiii (bruit des sabres lazer). Bah ouais comment tu veux ne pas devenir tarré ? nan mais c’est pas ça le problème Wilson… tu sais bien que la dérive consumérique de la société capitaliste y est pour… mais nan Wilson ! au fait est-ce que je t’ai parlé de, nan parce que l’autre jour… je me disais S.O.S veut dire « save our souls », alors est-ce que ça veut dire que S.M.S signifie « save my soul » nan parce que tu vois le mec qu’est sur une île par exemple, ouais avec un belge si tu veux… HELP !