Je me faisais chier, désolé…

Publié le par Djouls

Ceci a été écrit à Paris il y a de cela quelques mois, lors d'un ennui profond. J'étais très certainement bourré...

 

Je me faisais chier, désolé…

 

 

 

Littérature (et surtout rosé) quand tu nous tiens…

J’étais encore là… comme depuis 20 ans, dans ce métro Londonien. Tout était comme avant, rien avait changé, seules les modes vestimentaires paraissaient avoir instauré de nouvelles règles. Sinon rien, on descend les marches, on met son ticket, on passe le tourniquet, on s’engouffre dans un couloir lumineux et sentant la sueur du labeur, des nombreux allers et retours des mêmes personnes, les mêmes jours, aux mêmes heures, sauf dimanches et jours fériés. Puis on attend debout, regardant la rame d’en face, alors qu’au début on regardait dans le tunnel sombre en scrutant l’arrivé de la machine à engouffrer les hommes pour les forcer à aller travailler, voyant une lueur de plus en plus forte emplir l’obscurité jusqu’à ce qu’elle soit obstrue par une rangée de wagons emplis de visages blêmes. Comme d’habitude, les portes pile en face de soi, juste à lever le bras et soulever le loquet pour enter dans le monde de la rapidité et de l’inexistence. Debout, les bras croisés, jamais, ou presque, de place pour s’asseoir. Le métro est un wagon lit, le matin, les gens somnoles, pas encore réveillés, le soir, les gens se couchent. Moi, les yeux rouges, fatigués, tout comme mon corps exténué, j’observe naïvement la scène. Des visages fermés, des yeux agars, regardant l’infini en face de soi, ne vérifiant même plus le nom de la station, habitués par le temps, mais surtout par le conformisme. Des gens, voilà ce qu’ils dont, des gens. Tous différents, petits, grands, gros, moches…tous pareil en fin de compte. Le temps a fait évoluer les hippies en skateurs et autres gothiques, maquillés à la truelle, tout comme les top models bas de gamme, cachées sous un épais masque de font de teint, les jeunes pouffiasses pantalon taille basse et haut moulant remonté sous le soutif, le nombril percé et pour les plus rebelles, un tatouage dans le dos, en haut de la hanche, un papillon, un lézard ou un cœur, tatouage caché en rabaissant le tout en rentrant à la maison pour ne pas que papa, qui ne tolèrerait pas, ne voit…toujours les mêmes.
Je n’était pas misogyne, au contraire, je me serais bien tapé la plupart des filles de ce genre, et même celles qui n’étaient pas de ce genre. J’étais comme tout parisien, londonien, new-yorkais pas né sur place : misanthrope. La haine envers la race humaine est quelque chose qui se travail, ça ne vient pas tout seul, on ne peut se venter de haïr l’homme, et la femme, cela va sans dire, sans avoir rêvé quotidiennement de pousser ce branleur sur la voie ferrée , pour le transformer en purée de tomates. Le branleur, depuis quelque temps, n’est plus séducteur mais juste beauf, un JCB, c'est-à-dire Jogging Casquette Baskets. Tout le monde crois qu’il danse. Non en fait il est tout simplement monté sur ressors ou sur coussins d’air que l’on appelle Nike, si léger que ses pas sont des sautillements célestes altérés par un grattage de burnes intempestif, coupé par un cracha entre chaque mot comme si la salive était toxique.
Mais le pire du métro reste la banlieue où ce genre de personne n’est pas unique mais plutôt monnaie courante. Chaque regard semble être un affrontement. Pour survivre, un seul moyen : baisser les yeux. Mais dans ce cas, on risque d’effleurer quelqu’un, le drame, en fait on risque sa vie. Et la un jeune emmerde une vieille, essaye de lui piquer son sac certainement vide, commence à la molester. Bon c’est encore à moi de faire le sale boulot, trop de tension tue la tension.
-«  je peux t’aider, c’est ta grand-mère peut-être ?
- Va chier bâtard !
- Ok, répète… ?
- oh t’es sourd taffiole, j’ai dit va chier bâtard ! »
Merde je n’ai plus le choix. Il commence à essayer de me frapper, j’attrape son bras. Je le tords. Il se retrouve accroupi et grimace.
« oh c’est bon ça va ! Arrête je déconnais ». Oui il devait sûrement déconner, malheureusement pas moi, je continue à tordre son bras jusqu’à entendre un « crac ». Le visage rouge, sans pleurer des larmes coulent de ses yeux, il ne tarde pas à s’évanouir.
-« Oh merci monsieur, les jeunes de nos jou…
- Te fatigue pas la vieille j’aime pas les viocs, j’ai des principes c’est tout. Casse-toi. » La vieille part sans broncher. Les badauds tournent la tête lorsque je dirige mon regard vers eux. La vie reprend son cour pendant que je balance un coup de pied au visage du gars.
En entrant dans le métro, les indifférents lisent, ce sont les personnes les moins accessibles, mais les plus intéressantes. Certaines personnes ne peuvent s’empêcher de faire partager leur conversation à toute la rame, couvrant la musique de mon baladeur, ce qui n’est pas sans m’agacer. Mon sang froid m’oblige à ne pas leur écraser la gueule contre les vitres sales du métro ou de leur arracher leur maudit portable et l’écraser. Oui c’est certainement de la jalousie, moi je ne capte pas dans le métro. Là, tout s’apaise, la musique, classique mais néanmoins classique et pleine de tensions, qui coule dans mes oreilles repose mon esprit et me fait passer en veille. Je dors. Je suis debout, mes yeux sont ouverts, mais je dors. Le freinage qui me fait tanguer et perdre l’équilibre me réveille brusquement. C’est mon arrêt. Qui suis-je ? Pourquoi devais-je m’arrêter à cet arrêt ? Quel jour sommes-nous ? Deuxième réveil. Tout me revient lentement en tête, je suis John, John Right je crois. Je suis descendu à cet arrêt pour aller travailler, nous sommes un jour de la semaine où on travaille. C’est quoi mon boulot déjà ? je sors du métro, monte les marches automatiques en doublant tout le monde par la gauche. Les gens lents et feignants sont agglutinés sur la droite de l’escalator pour laisser passer les gens pressés.
Mes pas me guident vers un bâtiment moderne. Un homme me dit « bonjour monsieur Right » à l’entrée, ce hall, ce mec, ce bureau, tout me revient en pleine figure comme une claque. Je suis l’assistant de ma patronne, je fais ce boulot pépère depuis dix ans, depuis que j’ai passé ce satané entretien et qu’on m’a dit avec un grand sourire hypocrite que mon profil correspondait totalement aux « attentes de la maison ». Je n’ai donc aucune réponsabilité mais je porte tout de même le poids de toute la société sur mes épaules. C’est du moins ce que s’entête ma patronne à me dire, pour me donner du courage certainement, mais je m’en tape, elle est la seule à croire à ses foutues balivernes. Tant mieux, au moins quelqu’un y croit. Remarque, elle n’a pas tout à fait tort, ayant trop de résponsabilités, elle délègue ses pouvoirs à ses secrétaires, assistants et autres sous-fifres, ce qui lui laisse le temps d’entamer des parties endiablées de solitaire sur son « laptop », comme elle aime à le dire, son ordinateur portable dernier cri, qui a plein de fonctions intégrées dont elle ne se sert pas… mais il y a surtout le solitaire et le démineur, qui existent depuis plus de 10 ans sur les ordinateurs. Je passe ma journée à faire semblant de travailler, prenant l’air pressé pour aller me chercher un café, soupirant en me dirigeant vers les toilettes, regardant des images de meurtres sur le site officiel du FBI, allant sur des sites pédophiles, et me masturbant dans les toilettes quand une secrétaire m’a adressé la parole 2 minutes avant. Je suis sous imovhane, atarx, xanax, valium et stilnox, des anxiolytiques surpuissants, toute la journée, que j’engouffre avec mon café brûlant. Entre le moment où ils pénètrent dans ma bouche et le moment où l’on vient me dire que « John, on va fermer, t’en fait vraiment trop, t’as l’air exténué, regarde-toi… », rien ne s’est réellement passés, des voix ont tenté de s’adresser à moi, des voix graves et lointaines, avec un écho, comme si le Dieu en lequel je ne crois même pas avait essayer de me dire quelque connerie. Mon ordinateur se lève et se met à marcher, l’image se brouille et je commence à engueuler mon ordinateur pour qu’il revienne, mais étant trop faible je lui murmure juste de ne pas aller trop loin. Je regarde ma main se diriger vers les stylos, rangés par couleur et par taille dans un pot à compartiments sur mon bureau. Je prends un crayon à papier que je taille à la perfection, ne laissant que des copeaux de bois sur mon « desk », que je nettoie d’un revers de manche. Ce crayon me semble infiniment lourd tellement il est léger. Je lève le bras et enfonce de toutes mes forces le crayon dans ma cuisse. Je ne ressens même pas la douleur ni le sang qui coule le long de ma cuisse pour finir par être absorbé par ma chaussette. Mon pantalon Armani de 100 £ s’empourpre et je me mets à rire sans pouvoir m’arrêter, disant à voix haute qu’Armani n’est qu’une grosse fiotte et que j’encule toute l’entreprise, cette société pourrie et ces pédés de couturiers à la con. Lorsque le navire qui est mon esprit arrête de tanguer et amarre enfin, ma patronne, visiblement là depuis quelques temps, me dit qu’elle me répète que l’on va fermer et qu’il faut décidément que je me repose. Elle me donne donc deux jours de congés. Et là je me lève difficilement, prétextant un mal de dos chronique, dû au squash, car je ne suis pas loin d’être un jeune cadre dynamique aux dents longues, je me dirige vers l’ascenseur dans lequel je regarde le reflet d’un homme qui va mourir demain, ou dans 30 ans, ça ne change rien. Sur le retour, dans le métro, je m’imagine planter mon crayon dans l’œil de ma connasse de supérieure, puis aggraffer son visage lifté 15 fois alors qu’elle n’a que 30 ans, sur son bureau, déchirer son tailleur Chanel de pute-catho-coincée et de la violer sauvagement pas derrière tandis qu’elle pleure en tentant de crier, mes coups la ravisant… Je finis par rentrer chez moi tant bien que mal et ma femme me serre fort dans ses bras me disant que la journée a été longue sans moi et qu’elle m’aime, le tout avec un sourire angélique. Cela me donne envie de la tuer et de me tuer aussi. Alors je me couche et nous faisons l’amour…

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B
Ben oui, tu me l'avais envoyée en mai, mais j'attendais sa publication avec impatience...<br /> Les photos de tes fesses attirent plus de visiteurs on dirait...<br /> bêk<br /> b
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D
bah ma crotte, je croyais que u l'qvqis deja lue isn't yes (it is) ?<br /> oui bah je l'ai ecrite pendant que j'etais a paris, je crois que j'ai pete un cable sur le moment, je lisais Herbert Selby ou je sais plus trop quoi, Last exit to Brooklin, un des bouquins dont est inspire Requiem for a dream... mais je crois que j'etais encore marque par la lecture de American Psycho (prononcer Saiko bordel ! nan Alexandre pas comme le prof de bio de premiere, auquel on ne comprennait rien), mais aussi inspire de ce que j'avais dans la tete lorsque j'etais a paris, dans le metro, et de la nouvelle de seb, la premiere je crois...<br /> le bi-bi dans le zouzou, le zouzou dans les buburnes...les buburnes dans la boubouche, la boubouche dans la bibite, etc...
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B
Youhouuuuu... Pri Pri Pri (bruit du pistolet, comme quand Moïse est content).<br /> Enfin ma préférée nouvelle depuis longtemps.<br /> Bizou
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